L'histoire de Nalé Rituel

par François Delattre

Mon père avait les pieds atteints depuis aussi loin que je me souvienne.

Il ne s'en plaignait jamais. Il portait des chaussettes même en plein été. Il ne se déchaussait pas chez les amis. Quand on allait à la mer, il restait sur la serviette pendant que mes frères et moi on courait dans l'eau.

J'avais huit ans. Je ne comprenais pas. Je pensais juste qu'il n'aimait pas la plage.

Un jour je l'ai surpris dans la salle de bain. Il appliquait une crème blanche entre ses orteils. La peau était rouge, fissurée, écaillée. Il a remis sa chaussette tout de suite. Il m'a dit "rien, c'est rien, va jouer."

Je n'ai plus jamais reposé la question.

Mon père est parti en 2019. Et c'est en rangeant ses affaires que j'ai retrouvé tout ce qu'il avait essayé pendant trente ans. Des tubes de Daktarin à moitié vides. Des boîtes d'éconazole. Des poudres. Des sprays. Une pleine boîte à chaussures. Trente ans de combat silencieux contre quelque chose qui revenait toujours.

Trois mois après son enterrement, je l'ai eu à mon tour.

Le pied d'athlète. La même mycose. La même peau qui pèle, qui démange la nuit, qui sent. Le pharmacien m'a dit que c'était familial, que j'allais devoir apprendre à vivre avec.

Vivre avec.

J'ai refusé. Je refusais que mon fils me voie un jour fermer la porte de la salle de bain comme mon père l'avait fermée. Je refusais d'apprendre à mon tour à mentir sur pourquoi je ne me déchaussais pas chez les amis. À éviter la piscine. À garder mes chaussettes au lit.

Alors j'ai cherché. Vraiment cherché. Pas sur des forums. Pas sur YouTube. Dans les études scientifiques. Pendant deux ans, le soir, après le travail. J'ai lu tout ce que je pouvais trouver sur ces champignons cutanés, sur leurs mécanismes, sur pourquoi les produits classiques ne fonctionnent qu'à moitié.

Et j'ai compris.

Le champignon ne disparaît pas vraiment quand on lui applique une crème. Il se protège. Il fabrique autour de lui une barrière microscopique qu'on appelle un biofilm. La crème agit en surface. Le champignon survit en dessous. Dès qu'on arrête, il reprend sa place. Comme si de rien n'était.

Voilà pourquoi mon père a perdu trente ans.

Personne ne lui avait expliqué ça. Personne ne lui avait dit que le problème, ce n'était pas lui. Que ce n'était pas sa faute s'il avait essayé dix produits différents sans rien régler durablement.

J'ai compris que la solution ne pouvait pas être une crème de plus. Il fallait quelque chose qui s'utilise chaque jour, sans y penser, qui assainisse la peau en profondeur sans l'agresser, qui ne laisse pas de film gras, qui ne nourrisse pas l'humidité dont le champignon a besoin pour vivre.

Un savon.

Mais pas un savon de supermarché. Un savon formulé avec les actifs antifongiques naturels les plus documentés qu'on connaisse. L'huile essentielle de tea tree, étudiée depuis plus de cinquante ans pour son action contre les champignons cutanés. L'huile de coco. L'aloe vera pour apaiser. L'eucalyptus. L'hamamélis. Rien d'agressif. Rien de superflu.

Un savon fabriqué à la main, en France, en saponification à froid. Pour pouvoir garantir chaque ingrédient. Pour pouvoir dormir tranquille.

J'ai mis huit mois à mettre la formule au point. Je l'ai testée sur moi. Sur mes frères, qui avaient aussi développé la mycose. Sur des proches qui se battaient avec ça depuis des années.

En 2024, Nalé Rituel est né.

Le nom vient de l'idée d'un rituel. Pas d'une cure. Une cure, on l'arrête quand ça va mieux. Un rituel, on le garde. Et c'est exactement ça, la différence. La constance est la seule chose qui empêche le champignon de revenir.

Trente secondes sous la douche. Chaque matin. On mousse, on masse la zone concernée, on laisse poser deux minutes, on rince, on sèche bien. Et on recommence le lendemain. C'est tout.

Aujourd'hui, plus de quarante mille hommes utilisent Nalé Rituel. Des hommes qui avaient tout essayé avant. Des hommes qui pensaient qu'ils allaient devoir vivre avec ça toute leur vie. Comme mon père.

Mon fils a six ans. Il me voit me déchausser sur le sable. Il me grimpe dessus pieds nus sur le canapé. Il ne me verra jamais fermer la porte de la salle de bain.

C'est pour ça que j'ai créé ce savon.

C'est tout.

— François Delattre, fondateur de Nalé Rituel

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